mardi 23 mai 2017

Roger Moore: un Saint au paradis ?

Il aurait été le premier à rigoler en haussant les épaules à cette supposition.  Le défunt interprète de Simon Templar, alias le Saint, de Lord Brett Sinclair et, bien sûr, de James Bond, alias 007, ne s’est jamais beaucoup pris au sérieux.  Il en était presque arrivé à excuser ses deux premières épouses de l’avoir battu pendant 15 ans, affirmant qu’il « n’avait jamais dit qu’il était gentil ». 

Roger Moore, tel que je l'ai découvert, enfant. 
Il devait quelques années plus tard préciser qu’il avait connu, bibliquement bien sûr, davantage de femmes que James Bond, ce qui donne une idée des tourments et des frustrations vécues par ses épouses.  Non, sir Roger n’était pas un saint…

Au moment où j’ai appris sa mort, des suites d'un cancer, j’avais fini de passer en rafale, comme chaque année  – presque  religieusement - la série complète des 118 épisodes du Saint.  Je commence en ce moment les 24 épisodes d’ Amicalement vôtre, avec Tony Curtis, avant de me lancer dans les sept James Bond auxquels le débonnaire acteur a donné un second souffle après le départ de l’austère Sean Connery et le passage éphémère de George Lazenby. 

Le héros de mon enfance

Roger Moore a été le héros de mon enfance et le fait de revoir ces vieux films me replonge dans des joies aussi simples qu’essentielles.  J’ai l’impression de retrouver mes racines à chaque année, un peu comme lorsque je passe - toujours en rafale – la discographie complète des Beatles.
 
Sir Roger interprétait un type de héros dont on ne trouve guère de successeurs aujourd’hui, même pas en Daniel Craig, l’actuel 007, pourtant excellent, malgré un jeu pour le moins stoïque.
 
Interprété par Moore, Simon Templar, pétillant, désinvolte, élégant et raffiné, s’exprimait avec un humour spirituel et une aisance recherchée.  Rien n’amusait tant mon père que de le voir croiser le fer avec l’imparable chef inspecteur Claude Eustace Teal, son souffre-douleur préféré, interprété avec brio par l’excellent et mésestimé Ivor Dean.

Je frémis à l’idée d’un Patrick McGoohan acceptant le rôle du Saint.  Les producteurs de cette émission avaient en effet d’abord pensé à l’interprète et créateur du Prisonnier, à la suite du succès de la série Destination danger (Dangerman).  Pour avoir lu quelques romans de Leslie Charteris, le créateur du Saint, il était évident que le très décontracté Roger Moore convenait mieux au désinvolte Templar que le volcanique McGoohan…

Le déroutant lord décadent…

Roger Moore et sa turbulente covedette, Tony Curtis...
Vous dire mon trouble, vers mes 14 ans, lorsque je retrouvais mon idole de toujours, jusqu’ici si sûr de lui, ingénieux, indomptable et rusé dans le rôle d’un lord Brett Sinclair, empesé, pataud et poltron, qui servait occasionnellement de faire-valoir au personnage de Danny Wilde, son alter égo interprété par Tony Curtis, cabotin à souhait.
 
Avec le recul, j’ai fini par trouver la série Amicalement vôtre excellente et les comédiens, savoureux, hormis certaines scènes où Moore semble exaspéré par les libertés que prend son partenaire avec le script original.  Avec humour et à mots à peine couverts, sir  Roger a évoqué dans son autobiographie cette contrainte et les inévitables retards de production que sa covedette entraînait.

Selon sir Lew Grade, le grand patron de ITC, qui a produit une avalanche de séries britanniques à succès, dont Le Saint, Département S, Chapeau melon et bottes de cuir, L’homme à la valise et Le prisonnier, Moore n’aurait pas tourné une deuxième série avec l’électron libre qu’était Tony Curtis, trop imprévisible, devant et en dehors de la caméra.

Un vent de renouveau

Un nouveau 007, cuvée 1973...
Même en 1973, Patrick McGoohan aurait été approché pour prendre la relève de Sean Connery dans le rôle de James Bond.  Heureusement encore, il aurait refusé.  Nul doute que l’acteur américain d’origine irlandaise aurait été excellent dans ce rôle, mais Moore, par effet de contraste d’avec Sean Connery, et par la légèreté et l’humour qu’il apportait au personnage si dramatique de Bond, en garantissait d’autant plus le succès par un esprit de renouveau.

Un survol de la carrière de Roger Moore serait incomplet sans souligner sa contribution à l’UNICEF depuis 1993, effort qui lui a valu, plus que sa carrière d’acteur, d’être anobli.  De mon côté, ce sera sans doute avec un pincement au cœur, l’an prochain, que je reverrai pour la énième fois l’intégrale de la série culte de mon enfance.  Saint-Roger, priez pour nous !

vendredi 19 mai 2017

Non, les perverses narcissiques ne sont pas l’exception…

… Ni la majorité des pervers narcissiques.  Il ne faudrait pas tomber dans le même travers que certains idéologues pour qui le prédateur ne peut être que masculin, et la victime, que féminine…  Il y a déjà bien assez que ce stéréotype féministe et sexiste soit devenu une norme sociale admise sans qu’à notre tour nous nous mettions à combattre la stupidité par la bêtise.

La perversion narcissique n'a pas de sexe.
J’ai croisé des pervers narcissiques à plusieurs reprises dans ma vie, tant au plan amoureux, qu’amical, que familial ou professionnel, d’où mon intérêt pour cette problématique psychologique et sociale à la fois surexposée et méconnue.  Je précise que j’ai rencontré autant de femmes que d’hommes pervers narcissiques…

Dans chacun des cas, j’ai eu affaire à des êtres charmants, sympathiques, conviviaux, serviables, auxquels j’aurais donné le bon dieu sans confession et avec qui j’ai noué des liens de complicité apparente très forts.   Avec le temps, j’ai plutôt découvert des individus retors, manipulateurs, malveillants, insensibles et hypocrites quand ils n’étaient pas sadiques.
 
Ces personnes machiavéliques étant de véritables vampires relationnels, il m’a fallu dans tous les cas rompre définitivement toute relation avec eux.  Tant qu’un lien subsiste, le risque de se voir siphonner ses énergies vitales demeure. 

Vous pouvez d’ailleurs entretenir une relation en apparence significative avec un ou une PN pendant des années avant qu’un événement déclenche en lui une dynamique mortifère dont vous ne comprendrez pas tout de suite la cause, ni la motivation.  Mais vous en subirez les conséquences…

Une problématique qui n’a pas de sexe

J’ai dû lire récemment une quarantaine de textes divers et d’articles sur les pervers narcissiques.  En dépit de certaines contradictions mineures, l’ensemble de ces sources brossait un portrait très clair et détaillé de la nature de ce type de manipulateur, le pire qui soit.

Y était décrite la dynamique de contrôle que le ou la PN tente d’instaurer en culpabilisant et en dévalorisant tour à tour sa victime pour mieux la contrôler et se repaître de la souffrance qu’il lui inflige.  Bien sûr, des moments de grâce viennent entrecouper ces séances de torture, pour mieux asservir ensuite la victime avant de récidiver.

Si, grammaticalement parlant, le masculin l’emporte sur le féminin, il est normal que l’on parle généralement du pervers narcissique et non de la perverse narcissique.  Ceci étant établi, dans la majorité des textes que j’ai consultés, on reconnaît, implicitement ou explicitement, que l’on retrouve autant de PN parmi les femmes que les hommes.

Bien sûr, certains magazines féminins traitant de la question afficheront des cas vécus où la femme est la seule victime.  D’autres auteurs insinueront sans l’affirmer que le PN ne peut être que masculin et certains « spécialistes » affirmeront sans vergogne que le PN est le plus souvent un homme, très rarement une femme.

Une attitude dangereuse et irresponsable

Certaines étreintes sont mortifères...
Vous me direz que ni mon vécu, ni  la lecture d’une quarantaine de textes ne font de moi un spécialiste sur la question et vous aurez raison.  Toutefois, devant la majorité de textes qui ne stigmatisent pas les hommes comme principaux représentants des pervers narcissique, je crois pertinent, voire essentiel, de dénoncer ce qui a par ailleurs toutes les apparences d’un stéréotype misandre. 

La principale arme des PN est qu’ils sont indétectables.  Entre le bon gars, la chic fille, et le pervers ou la perverse narcissique, aucune différence, à prime abord.  Les auteurs qui ferment délibérément les yeux sur la moitié féminine de ces prédateurs en raison de motifs idéologiques ou de rectitude politique rendent d’autant plus difficile à leurs victimes de les identifier et de se soustraire à une situation qui peut les anéantir psychologiquement. 

Rappelons que certains PN parviennent à pousser leur proie au suicide, ce qui rend l’aveuglement volontaire concernant les perverses narcissiques d’autant plus irresponsable et sexiste qu’il relève, devant cette situation extrême, de la négligence criminelle.   

lundi 15 mai 2017

Pervers narcissiques : apprendre ET à laisser…

Il existe de nos jours des réalités qui deviennent vite des modes à un point tel qu’on les voit partout et même là où elles n’existent pas.  Prenez par exemple les cas d’Asperger.  Depuis la série de romans et de films Millenium, mettant en vedette le personnage de Lisbeth Salander, on a l’impression d’en retrouver chez notre voisin, notre collègue de travail, notre ami ou notre blonde.  Pour paraphraser un livre à succès, on pourrait finir par publier un essai ayant pour titre « Les Asperger sont parmi nous ! »

Ces perverses et pervers ne sont pas si évidents...
Or, une nouvelle psycho-mode est en train de faire son chemin dans l’imaginaire populaire : celle des pervers narcissiques.  C’est à croire qu’il y en a partout.  Ils ressemblent à des islamistes tapis dans l’ombre et pratiquant la taqiya, cette tactique consistant à dissimuler leurs noirs desseins au sein d’une société où l’islam est sous-représenté en attendant l’avènement du grand califat.

Les pervers narcissiques ne représenteraient toutefois que de deux à trois pour cent de la population, mais certains avancent tout de même le chiffre de 10 %.  Quoi qu’il en soit, il reste difficile de cerner et d’identifier les individus atteints de cette pathologie, tant ils possèdent à un rare degré l’art de cacher leur jeu mortifère sous des dehors sympathiques, charismatiques et serviables.  On leur donnerait le bon dieu sans confession et il est souvent trop tard quand on constate l’étendue et la gravité des dégâts qu’ils laissent derrière eux. 

On peut dire que si tout manipulateur n’est pas nécessairement un pervers narcissique, tout pervers narcissique est forcément un manipulateur et, sans conteste, le pire qui soit.  De très loin.
 
Sous des dehors qui anesthésient toute méfiance, ils peuvent revêtir l’aspect du patron qui, tout en vous donnant une tâche irréalisable, accentue sur vous la pression pour mieux vous écraser.  Il peut également s’agir de cette femme adorable dont vous êtes devenu l’amoureux qui tentera de vous monter contre son ex dans l’espoir de provoquer un affrontement en hommage à sa féminitude.  Vous pouvez aussi avoir affaire à cette amie qui, au décès d’un de vos parents, se rapproche avec un dévouement factice du parent survivant pour mieux l’amener à vous déshériter à son profit.
 
Les pervers narcissiques ressemblent à des vampires relationnels.  Bien qu’ils simulent avec brio les plus nobles qualités de cœur, ces individus sont en fait incapables d’empathie, de compassion, de générosité, d’attachement véritable et de respect.  Ils peuvent devenir amoureux, au sens de développer une fixation souvent morbide pour leur proie, mais sont incapable d’aimer de façon altruiste.

Avec eux, manipulation, jalousie, possessivité, crises à répétition, procès d’intention, culpabilisation, mensonges, dissimulation, hypocrisie, critiques incessantes et insultes deviendront peu à peu votre lot quotidien, entrecoupés toutefois de moments de grâce au cours desquels vous vivrez l’illusion d’avoir trouvé votre âme sœur, celle ou celui avec qui vous finirez vos vieux jours.

Méfiez-vous de sa jalousie et de sa suspicion.  Le ou la perverse narcissique a tendance à projeter sur vous ses propres comportements.  Si elle ou il vous accuse d’infidélité, il y a de fortes chances que vous deveniez le bouc émissaire de ses propres incartades.  Vous serez toujours le coupable, celui qui triche, ment, trompe, dissimule, même et surtout si vous n’avez rien à reprocher.  Vous deviendrez systématiquement l’empêcheur de tourner en rond, la nuisance du couple, et elle, ou lui, la victime de votre turpitude…  Ces gens possèdent un rare talent pour inverser les rôles.

La source du problème reste un mystère...
La recherche sur cette pathologie n’a pas encore cerné comment une personne devient pervers narcissique.  Plusieurs voix penchent en faveur d’un traumatisme infligé dès l’enfance, moment au cours duquel l’enfant a été sur valorisé et dévalorisé par l’un de ses parents, ou par les deux.  D’autres sources parlent de lien incestuel, même platonique.  Se sentant le jouet de son père ou de sa mère, l’enfant en arriverait à « chosifier » ses futurs partenaires amoureux.

Il n’existe pas plus de portrait type des victimes du pervers narcissique.  Il peut s’agit d’être faibles et vulnérables comme de personnalités fortes qui représentent un défi pour le manipulateur, qui cherche à se nourrir de la dépendance affective qu’il tente de développer chez sa proie.

Si vous êtes en couple avec quelqu’un qui vous dit : « J’ai pas de prise sur toi, t’es comme un petit cochon graissé ! », commencez à vous méfier, ce n’est pas l’attitude d’une femme ou d’un homme normal qui appréciera d’autant plus votre relation qu’il vous sentira libre de la partager.
  
Si en prime, votre partenaire s’exclame « Ah !  Pouvoir enfin posséder une homme ( ou une femme ) ! », envisagez au plus vite un plan de repli !  Pour le pervers narcissique, l’autre est une possession, une chose qui lui appartient en propre.  Ce que vous ressentez vraiment ne l’intéresse que dans la mesure où vos états d’âme lui assurent le contrôle de votre personne. 

Les pervers narcissiques sont des morts vivants.  Inutile d’espérer les changer.  Il est très rare qu’ils réalisent l’étendue de leurs problèmes, et n’iront en thérapie que si leur partenaire les y oblige.  Encore là, ils tenteront d’embobiner leur thérapeute et de contrôler le jeu.
 
En clair, si vous constatez que vous êtes en relation avec un pervers narcissique, le mieux reste de mettre vos jambes à votre cou.  Si, ce faisant, vous avez l’impression de vous désintoxiquer, c’est à coup sûr la confirmation que vous étiez dans une relation toxique.  Donnez-vous alors du temps, le venin du pervers narcissique met longtemps à se dissoudre.  Pendant le processus de rupture, vous comprendrez peu à peu, au fur et à mesure que vous renaîtrez, le sens profond de l’expression « reprendre sa liberté »…

vendredi 10 mars 2017

Parité politique : le sempiternel disque rayé des quotas de candidates…

On a beau être habitué d’entendre les mêmes tyroliennes victimaires à l’approche de cette thérapie mondiale du cri primal qu’est devenue la Journée de la femme, la ritournelle des quotas en politique compte certainement parmi les plus stridentes et les plus assommantes.  Impossible cette année d’échapper aux arpèges d’ex élues « guidées » par Marie Malavoy qui voudraient forcer Québec à imposer un quota de 40 % de candidates à chaque élection.

Marie Malavoy, dans le champ...
Une question anodine, comme ça : trouverait-t-on suffisamment de femmes intéressées pour atteindre ce pourcentage ?  Suppose-t-on vraiment qu’un nombre impressionnant de femmes ronge son frein, opprimé, atterré, en souffrance, dans l’espoir qu’enfin on lui offre une chance de monter aux barricades d’un domaine où compétition, affrontements, coups bas et lutte forcenée pour le pouvoir constituent les règles du jeu ?

Sylvain Lévesque, ancien député de la Coalition avenir Québec, affirmait récemment : « J’ai été organisateur politique pour la CAQ. Souvent, j’ai eu à recevoir des curriculum vitae de nombreux aspirants députés. La réalité est que je recevais 20 applications d’hommes pour une seule de femme. Le parti pour lequel je travaillais souhaitait ardemment recruter des candidates, nous en sollicitions dans nos entourages respectifs. À compétences égales, parfois même légèrement inférieures, les candidates avaient préséance. »

Alors, Mmes Malovoy et compagnie, peut-on – enfin ! - passer à un autre appel ?

Une moins bonne endurance à la confrontation

Dans ma dernière chronique, j’affirmais que les chroniqueuses et bloggeuses n’étaient pas davantage victimes d’insultes que leurs collègues masculins, mais que les femmes, en général, y étaient plus sensibles que les hommes.  Pensez-vous qu’il en aille différemment dans la sphère politique ? 

Bien sûr, il existe des femmes fortes, dans ce domaine comme dans les médias, mais qui entend-t-on, inlassablement et régulièrement, se plaindre et affirmer qu’elles restent les principales, voire les seules victimes, de commentaires injurieux ?  Encore et toujours des femmes.

Rappelons-nous du psychodrame médiatique suscité par Catherine Fournier en 2015 alors qu’elle était candidate bloquiste dans Montarville quand un journaliste avait relayé le gazouillis d’une internaute affirmant que la néophyte allait laisser tomber son string tellement elle regardait son chef, Gilles Duceppe, avec pâmoison. 

Catherine Fournier, susceptible...
Comme les Lussier, Pettersen, et Boisvert de notre scène médiatique, la jeune candidate devait reprendre le même refrain larmoyant : « Ce genre de blague, endossée par Peter Anthony Holder de Global News, ne serait JAMAIS faite dans le cas d'un homme. Les femmes subissent un traitement différencié et cela en est une énième preuve. (...) Et après, on se demande pourquoi il n'y a pas beaucoup de jeunes femmes en politique... » 

Eh oui, c’est toujours pire quand une femme subit une insulte, surtout quand elle est à connotation sexuelle. Faudra qu’on m’explique un jour en quoi une injure sexuelle est plus offensante qu’une autre, non sexuelle.
   
Au fait, Mme Fournier a-t-elle entendu parler de cette insulte-ci, non sexuelle par contre, qui qualifie Jean Charest de mouton insignifiant depuis 12 ans et qui est toujours en ligne ?  Tapez  « mouton insignifiant » sur Google, pour voir...  Avez-vous vu notre ancien premier ministre déchirer sa chemise publiquement pour cette niaiserie ?

Si des commentaires de collégiens grivois suffisent, comme Mme Fournier l’affirme,  à éloigner des femmes de la politique, c’est la preuve que ces femmes n’y ont pas leur place, tout comme les chroniqueuses qui ne peuvent supporter les commentaires déplacés n’ont pas la leur dans les médias.  Elles font bien de jeter les gants.

LA question taboue…

La crainte de la confrontation et la difficulté à encaisser les commentaires désobligeants, voire les insultes, ne sont pas les seuls facteurs qui éloignent les femmes de la politique, si l’on s’en remet au témoignage de Sylvain Lévesque :

« Les raisons de refus (de se présenter) étaient multiples. La famille et les longues heures de travail étaient très souvent invoquées. En rétrospective, j’ose poser une question taboue. Et si la politique intéressait tout simplement moins les femmes que les hommes? »

Sylvain Lévesque, lucide
Comme le sport, les sciences pures, l’informatique, la mécanique, l’ébénisterie, la menuiserie, la plomberie, etc…

Je suis persuadé que si l’on demandait à nos militantes chéries pourquoi il y a moins d’hommes que de femmes en enseignement ou en santé et service sociaux, par exemple, elles répondraient en chœur : « Ben voyons, parce que ça les intéresse pas, c’est évident ! »

Comment se fait-il que ce qui est si flagrant, quand il s’agit des hommes, devienne subitement le résultat d’un vaste complot patriarcal, quand les femmes sont en cause ?  

Le féminisme d’État a besoin d’entretenir cette illusion d'injustice, parmi ces autres que sont le plafond de verre, l’inéquité salariale, la pauvreté majoritairement féminine, les pseudos privilèges patriarcaux ou la violence conjugale exclusivement masculine, s’il espère conserver son pouvoir politique et les subventions qui, inévitablement, l’accompagnent… 

jeudi 9 mars 2017

Chroniqueuses et trolls : les battantes et les battues…

Depuis le coming out de Judith Lussier, de Geneviève Pettersen et de Lili Boisvert sur les insultes massives, sexistes et misogynes dont elles se disent victimes, un nouveau mythe féministe est en train de se cristalliser : la culture de l’intimidation infligée spécifiquement aux chroniqueuses et bloggeuses de notre Québec patriarcal, hétérosexiste, hétéronormatif, cis genre et misogyne.

Judith Lussier, toute une inspiration militante...
À quand une fondation Judith Lussier, sur le modèle de celle de Jasmin Roy, avec une campagne de sensibilisation – une autre – intitulée « Je suis Judith » ?  Subventionnée par nos taxes, il va sans dire.
 
Afin de ratisser le plus large possible, ce nouvel éléphant blanc pourrait viser toutes les femmes et jeunes filles victimes d’intimidation sur le web, bien que la cyberintimidation n’atteindrait que 7 % des adolescentes.  La bonne vieille intimidation classique, de type corps à corps… frapperait quant à elle 42 % des garçons.  Mais ce ne sont jamais que des gars, alors…

Toujours en quête de néologismes traduisant une oppression qu’elles imaginent ne viser que les femmes et elles seules, nos militantes ont forgé récemment le concept de mansplaining, désignant les machos qui récusent leurs lamentations, comme l’indique l’une des chroniqueuses « victimes », Lili Boisvert :
« Ce néologisme désigne la façon dont certains hommes s'adressent aux femmes de façon condescendante sur des sujets qui concernent les femmes ou qu'ils ne connaissent pas bien.»  
« La journaliste est peinée d'entendre que ses collègues (Lussier et Pettersen) souhaitent tout abandonner à cause du harcèlement et des propos haineux qu'elles reçoivent. Elle s'est indignée que cette situation n'arrive qu'aux femmes. »
« Cette situation n’arrive qu’aux femmes. »
Dans la catégorie « opinion ridicule du mois », celle-là bat quatre as.  Mme Boisvert aurait grand intérêt à lire les commentaires haineux, méprisants, grossiers et injurieux qui suivent les chroniques de Richard Martineau, par exemple.  Je ne vois pas en quoi ce chroniqueur serait moins maltraité que sa conjointe, Sophie Durocher, qui elle aussi passe régulièrement dans le tordeur.
Lili Boisvert : les femmes, seules victimes...
Durant les deux ans où j’ai été moi-même bloggeur au Huffington Post, j’ai reçu un lot incroyable d’injures et de procès d’intention mesquins, infantiles, venimeux et souvent idiots dont il ne subsiste désormais aucune trace.  Ce média a en effet pour politique de supprimer l’intégralité des commentaires quand ceux-ci dérapent, ce qui arrivait régulièrement.
Rien ne m’a été épargné, y compris des injures sexistes qui ne visaient pas tant mon physique que mon identité d'homme, quand il ne s’agissait pas de mon hétérosexualité.  Être stigmatisé parce qu’on est un homme hétérosexuel, c’est sexiste.  Une troll était allée jusqu’à affirmer par ailleurs que, comme Marc Lépine, j’allais sûrement finir par commettre l’irréparable, et implorait ma famille d’intervenir…  Difficile de trouver une injure aussi basse destinée à une femme.
« Mieux » encore,  les modérateurs avaient la fâcheuse tendance de laisser en ligne des injures les plus viles de mes détractrices (dont celle en lien avec Lépine), tout en supprimant à plusieurs reprises mes réparties qui pouvaient être ironiques, mais jamais grossières, ni injurieuses.
Vous dire alors à quel point je trouve aberrante cette déclaration de Lili Boisvert :
« Les commentaires sexistes sont complètement disproportionnés. Les hommes ne reçoivent pas le même genre de commentaires. Oui, bien sûr, les hommes vont vivre de l’abus en ligne. Mais c’est une question de proportion.»
D’accord, nous ne recevons pas toujours le même genre d’insultes, mais non, ce n’est pas du tout une question de proportion.  Les insultes que nous recevons sont aussi intenses que celles infligées aux bloggeuses. 

Les trolls qui veulent blesser une personnalité publique frapperont là où ça fait le plus mal selon son sexe et dans une même mesure.  Insultez un homme sur son physique ou sa sexualité, il est peu probable qu’il se sente sévèrement atteint, tout au plus agacé.  Attaquez-vous à son intelligence, doutez de sa santé mentale, de son intégrité, traitez-le de salaud, de vendu, de lâche ou d’insignifiant, vous le heurterez davantage.
Qu’il s’agisse d’un facteur culturel ou inné (Je penche pour une interaction des deux.), les femmes sont davantage sensibles aux commentaires visant leur apparence ou leur sexualité.  Et c’est pourquoi les trolls jouent sur ces deux tableaux, parce que ça les blesse davantage.
Les femmes, plus sensibles aux injures ?
Quitte à passer – une fois de plus – pour sexiste ou misogyne, je crois que les femmes ne sont vraiment pas davantage ciblées par les attaques personnelles, mais qu’elles y sont souvent plus sensibles.  C’est sans doute une des raisons principales pour lesquelles elles sont moins nombreuses à se présenter en politique, domaine où la confrontation est un style de vie.
Djemila Benhabib : elle ne démissionne pas, elle...
Bien sûr, il existe – heureusement - des femmes qui ont la couenne dure, des battantes, des bagarreuses qui peuvent en prendre et en donner.  Qu’il suffise de nommer les Sophie Durocher, Denise Bombardier ou Lysiane Gagnon de notre sphère médiatique pour se convaincre de cette réalité.  Et que dire de Djemila Benhabib, descendue en flammes par le Conseil de presse et victime d’une hypocrite poursuite bâillon ?  A-t-elle baissé les bras, la mine déconfite, comme Lussier et Pettersen ?
Ces âmes chagrines, trop sensibles pour le métier confrontant de chroniqueuse, préfèrent se plaindre publiquement, pousser des tyroliennes idéologiques et des hymnes à la victimisation sexiste et misogyne qui ne les viseraient qu’elles et elles seules.  Parce qu’elles sont des femmes…
Quiconque évolue dans la sphère publique, qu’elle soit politique, sociale ou médiatique, s’expose à la controverse et aux coups bas.  Ça fait partie du jeu et en fera toujours partie.  Il n’en tient qu’aux femmes qui envisagent ce parcours de la combattante de décider si elles s’avouent battues ou se décident battantes. 

vendredi 24 février 2017

Vraie culture du viol : de bien embarrassantes vagues d’agressions…

La vague d’agressions sexuelles qui auraient été commises par des migrants sur environ 1200 femmes à Cologne en janvier 2016 est restée gravée dans les mémoires.  D’autres, de moindre importance, lui ont cependant emboité le pas, embarrassant les dirigeants des pays où elles se sont déroulées au point où d’infructueuses tentatives de camouflage y ont été tentées.  « Pas d’amalgame ! » semble devenu le mantra de ces élus.

Les effets secondaires de l'ouverture sur l'Autre...
Autriche

Avez-vous entendu parler d’une vague, de moins grande importance cependant que celle de Cologne, survenue en Autriche le même soir du nouvel an 2016 ?  Non ?  Pas étonnant.  Le Figaro relatait ainsi l’incident :

« Après la révélation choquante d'une vague d'agressions sexuelles à Cologne le soir du nouvel an, des faits similaires auraient eu lieu en Autriche. Comme en Allemagne, la police est accusée d'avoir minimisé les faits et mal géré la situation.

« (…) Une des victimes, Sabrina S. a raconté au journal Osterreich comment elle et ses amies ont été attaquées à Salzbourg par un groupe de 10-15 hommes en rentrant de discothèque. «Mon amie a été attrapée par un homme qui l'a coincé sous son bras. Son visage était dans son blouson. Il l'a câliné et léché son visage. Elle m'a dit ensuite qu'elle n'avait pas eu la force de s'échapper, qu'elle était à sa merci», témoigne la jeune fille. Un Syrien de 23 ans et deux Afghans ont été interpellés. »

Comme si ces faits n’étaient pas assez préoccupants, une autre vague d’agressions sexuelles a eu lieu dans le même pays en janvier dernier !  Voici ce qu’en disait encore le Figaro :

« La police autrichienne cherche à identifier un groupe d'hommes étrangers qui se seraient livrés à des agressions sexuelles contre 18 femmes lors des festivités du Nouvel An dans la ville d'Innsbruck, a déclaré un porte-parole de la police aujourd'hui.  Plusieurs femmes ont affirmé que des individus les avaient agrippées et avaient tenté de les embrasser, sur une place du centre-ville ou à proximité de celle-ci, avant un concert et un feu d'artifice.
 
« (…) Selon des témoins, les agressions constatées à Innsbruck ont été commises par des hommes âgés de 20 ou 30 ans, ayant la peau foncée. Ils s'exprimaient en anglais ou dans un allemand hésitant.  Il ne fait aucun doute, selon le porte-parole de la police, que les agresseurs sont d'origine étrangère mais la mauvaise qualité des enregistrements de vidéosurveillance rend leur identification difficile. »

Suède

Le même quotidien relate un autre incident que les autorités, cette fois de la Suède, ont cherché à dissimuler :

« Il aura fallu que le scandale des agressions sexuelles éclate en Allemagne pour qu'une affaire similaire, jusqu'ici passée sous silence, sorte au grand jour en Suède. Comme à Cologne, de nombreuses femmes y ont été agressées par des migrants. Seulement, les faits sont plus anciens. Ils remontent à l'été 2014 lors d'un festival musical se déroulant à Stockholm.

Zen un jour...
« (…) Un représentant de la ville de Stockholm, Roger Ticoalu, confirme que le festival a été confronté à ce type de phénomène: «Nous n'avions jamais vu cela avant, de grand groupes de jeunes hommes encerclaient les jeunes filles pour les agresser.» Les plus jeunes ont une douzaine d'années. L'une des jeunes femmes, âgée de 15 ans, témoigne: «Aussitôt que vous arriviez dans la foule, ils commençaient à vous encercler.»

«Dans les cas où nous avons pu arrêter les suspects, il s'agissait d'étrangers, souvent récemment arrivés en tant que réfugiés, âgés entre 17 et 20 ans, sans leur famille», a précisé Ticoalu.

Comme un malheur n'arrive jamais seul, figurez-vous qu’en juillet dernier, le même pays a dû lui aussi essuyer une nouvelle vague d’agressions :

« Le gouvernement suédois veut étendre la répression des abus sexuels, après une série d'agressions lors de festivals la semaine dernière, a déclaré ce mardi le premier ministre (social-démocrate) Stefan Lofven.  Les médias suédois se sont fait l'écho de 15 plaintes pour viols, et près de 40 pour agressions sexuelles, lors de deux récents festivals de musiques.

« (…) Pour le festival de Bravalla, à 140 km au sud-ouest de Stockholm, la police affirme que les agresseurs agissaient de manière isolée. En revanche, au festival de Karlstad, à 300 km à l'ouest de Stockholm, les suspects seraient des bandes de jeunes migrants.

« (…) L'arrivée en Suède de près de 163.000 demandeurs d'asile en 2015 a suscité de nombreuses inquiétudes, qui profitent au parti des Démocrates suédois. Issu de l'extrême-droite nationaliste, ce mouvement a achevé sa "dédiabolisation" ces dernières années, pour apparaître comme un parti de droite populiste. »

Évidemment, ces événements sont bien loin de revêtir la gravité de la  « culture du viol » qui frappe implacablement nos milieux universitaires québécois…  Rappelons à ce propos la déclaration si signifiante du Comité femmes de l’université Laval : « Un regard trop insistant, une blague insidieuse, un geste inapproprié, la persistance d'un flirt non désiré, tout cela participe à la culture du viol.»  C’est pas parce qu’on rit que c’est drôle…

Une chose est certaine, en Allemagne comme en Suède ou en Autriche, on commence à réaliser, sans trop l’avouer, les dérives suscitées par l’aveuglement volontaire sur une culture en soi incompatible avec la leur. 

Est-ce que ça signifie que tous les migrants sont des prédateurs sexuels en puissance ?  Certainement pas, mais il faudra inéluctablement, comme la Suède et l’Allemagne ont commencé à le faire, réduire leur arrivée et instaurer des mécanismes de vérification sécuritaires avant d’autoriser leur entrée.  Une simple question de bon sens qui se dérobe au jugement d’idéologues qui ne voient toujours pas une « culture du viol » là où elle se trouve…

jeudi 23 février 2017

Islam et culture du viol…

Contrairement à ce que pourrait laisser supposer des événements tels que les viols endémiques perpétrées par l’État islamique ou, dans un contexte occidental, les agressions sexuelles commises par des migrants à Cologne, il n’existerait pas de valorisation ou d’encouragement explicites au viol dans le Coran. On y trouverait par contre une forme de « vide juridique » qui le favoriserait par son omission même à le condamner.

Salem Ben Ammar
C'est le point de vue de Salem Ben Ammar, docteur en sciences politiques, diplômé de l'institut des hautes études internationales de l'université de Paris 2, en anthropologie sociale et en démographie, qui ajoute :

« A supposer que l’Islam prohibe le viol, pourquoi la femme n’a pas le statut de victime comme il transparaît à travers les innombrables cas de viol dans les pays musulmans où de victime est jugée coupable condamnée soit à la prison soit contrainte à épouser son violeur ? N’est-elle pas non plus considérée comme un butin, « ghanima » en arabe, au même titre que le bétail et les biens razziés à l’époque du prophète même, dotée du statut d’esclavage sexuel ? Ne dit-on pas qu’il était permis de dévoiler dans le sens violer les captives que le Coran est loin de désapprouver ? Il semble que l’on doit s’assurer du plein consentement de la captive pour entretenir une relation sexuelle avec elle, une espèce de viol par consentement. »

Aux féministes intersectionnelles, qui arrivent à constater une « culture du viol » au Québec à travers un regard insistant, des avances non désirées, un sifflement dans la rue ou une facétie grivoise, et qui poussent leur ridicule croisade jusque dans nos universités où elles trouvent le moyen de voir des survivantes en Alice Paquet, Ben Ammar a de quoi donner matière à réflexion. Au fait, n’est-il pas lui-même un universitaire érudit ? En voici une autre preuve :

« Que vaut la parole d’une femme victime de rapports non-consentis alors que sa parole compte pour la moitié de celle de l’homme selon le droit musulman qui lui fait obligation de l’étayer par le témoignage de 4 hommes musulmans, et par extrapolation de 8 femmes ? L’Islam n’encourage pas le viol, mais ne l’interdit pas non plus ne serait-ce au regard de les « Sirats » du Prophète et de ses Compagnons que les nostalgiques pathétiques de la pureté originelle de l’Islam qui considérait la femme comme un être funeste et impure veulent en faire un nouveau mode de vie pour tous les musulmans. . Ils oublient qu’en sacralisant et légitimant le viol au nom des valeurs sacrées de l’Islam, ils commettent un crime contre l’humanité. »

Non, Mesdames, l’islam ne favorise en rien une culture du viol… Mais voyons comment les prémisses de ce phénomène se manifesteraient au Québec, plus particulièrement au sein du milieu universitaire, selon le très conscientisé Comité femmes de l’université Laval :


« Si son message vise les initiations de début d'année, le comité va plus loin et avance que la «culture du viol» est un problème répandu plus largement dans le milieu universitaire. «Cette culture se reproduit de manière sournoise, bien implantée dans les normes d'un système académique traditionnellement masculin. Un regard trop insistant, une blague insidieuse, un geste inapproprié, la persistance d'un flirt non désiré, tout cela participe à la culture du viol.»


Il est difficile de se rendre aussi ridicule sans le réaliser, mais il faut croire que le non-sens n’est pas un obstacle à la libre expression. J’aimerais savoir ce que pense le Comité femme de l’université Laval des agressions sexuelle survenues à Cologne et de leurs 1200 victimes en janvier 2016. Une recherche effectuée sur Google ne m’a indiqué aucun résultat…


Vous dire mon étonnement, devant un silence radio qui s’étend par ailleurs à toutes les féministes intersectionnelles, sinon pour nous infliger leur perpétuel cri de guerre : « Pas d’amalgame ! »

mercredi 22 février 2017

Un an de vie commune, et les fonctionnaires fédéraux pourraient payer une pension à vie !

Monsieur, vous êtes fonctionnaire fédéral, vivez en union de fait et croyez qu’en dehors d’une éventuelle ou effective paternité, vous n’aurez aucune obligation financière envers votre partenaire de vie advenant une rupture ?  Si vous baignez toujours dans cette douce insouciance, j’ai des nouvelles pour vous.  

Si vous avez vécu ne serait-ce qu’un an avec elle, votre ex conjointe sera en droit d’exiger de vous une pension de vieillesse qui pourra atteindre jusqu’à 50 % de vos revenus.  C’est pas cool, ça ?  Pour elle, s’entend…


Ruptures : business as usual..
Voila une brèche inquiétante pour tout homme vivant en union de fait, puisqu'il ne serait pas étonnant qu'une telle disposition prépare le terrain en vue d'une application généralisée, comme le préconise d'ailleurs le Conseil du statut de la femme qui prône la pension à l'ex conjointe après seulement deux ans de vie commune.  Lola, déboutée il y a quelques années en Cour suprême, reviendrait-elle par la porte de derrière ?

Si vous trouvez que je dramatise, lisez donc cet extrait de la Trousse d’information sur le partage des prestations de retraite du gouvernement du Canada qui «fournit un sommaire du processus de partage des prestations de retraite lorsqu'il y a rupture du lien conjugal ou de l'union de fait, comme prévu par la Loi sur le partage des prestations de retraite (LPPR). »  Vous avez bien lu : les couples en union de fait sont visés par ces dispositions légales.  Peut-on encore parler d’union libre ?

D’entrée de  jeu, on apprend que, sur présentation d’une ordonnance de tribunal ou d’une convention écrite entre conjoints prévoyant le partage des prestations de retraite, il est possible de faire la demande suivante :

« Dans le cadre du partage des biens familiaux, il est possible de partager au plus 50 p. 100 des prestations accumulées pendant la période de mariage ou de cohabitation. »  Eh oui, ou de cohabitation…

Parmi les requérants admissibles, une catégorie attire particulièrement l’attention :

« Un ancien conjoint de fait qui a cohabité avec le participant pendant au moins un an et qui vit séparément de celui-ci depuis au moins un an. Depuis décembre 2003, les conjoints de fait du même sexe sont autorisés à présenter une demande de partage des prestations de retraite. »

Vous avez bien lu, toute conjointe ayant vécu au moins un an avec un fonctionnaire fédéral pourra éventuellement lui soutirer une pension de vieillesse après un an de séparation.  On s’entend bien qu’une pension de vieillesse est versée… jusqu’à ce que la mort vous sépare.  Je dis bien « une conjointe » puisque 95 % des payeurs de pensions sont des hommes, fonctionnaires ou pas...

J’ai hâte de voir les réactions du lobby LGBT en ce qui concerne l’inclusion des couples de même sexe à cette catégorie.  C’est Anne France Goldwater qui avait fait reconnaître le mariage homosexuel au Québec.  Certains militants vont finir par comprendre que, comme dans le cas de sa tentative – pour le moment – ratée de marier les conjoints de faits malgré eux grâce à Lola, cette avocate n’avait pour objectif réel que d’ouvrir de nouveaux marchés pour le Barreau du Québec dans une société qui délaisse de plus en plus le mariage…

« Les maudits hommes veulent pas s’engager ! »

Bien qu’elles seraient à l’origine de 65 à 80 % des ruptures, il existe une tendance lourde chez nombre de femmes à reprocher aux hommes de ne pas vouloir s’engager.  Elles disent : « Ça n’a pas marché. », ils disent : « Ça ne marchera pas. »  Eh bien, mon petit doigt m’informe que les unes comme les autres ne sont pas prêts de changer de mantra, même si ces dispositions légales ne visent, pour le moment, que les fonctionnaires fédéraux.

Après s’être opposé à Lola sous sa présidente Christiane Pelchat, le Conseil du statut de la femme avait fait volte-face, sous Julie Miville-Dechêne, en vue d’imposer les mêmes obligations qu’aux couples mariés, incluant le partage du patrimoine, aux unions de fait après seulement deux ans de vie commune.  

Il n’y aurait plus besoin d’attendre d'être vieille, et ce, pas seulement dans le cas des conjointes de fonctionnaires, afin de se prévaloir de ces « droits », qui n’ont toutefois pas encore été accordés.  Les généreuses dispositions mises de l’avant par le fédéral indiquent qu’on se dirige probablement vers l'exécution de cette recommandation du CSF…

Les ruptures n'étaient pas assez problématiques...
Cerise sur le sundae, avant même la rupture, une demande peut être présentée par la conjointe du fonctionnaire, histoire sans doute de protéger ses arrières…  Lisez plutôt :

« Vous pouvez demander une estimation du montant maximum transférable assujetti au partage avant de présenter une demande de partage des prestations de retraite. Vous pouvez présenter une demande de d'estimation même si vous n’êtes pas encore séparé ou divorcé. »  C’est clair, non ?

Il y a toutefois moyen de s’opposer à une demande, mais…  Voici :

«L'autre partie a jusqu'à 90 jours Note de bas de page** après la date à laquelle elle a été informée de la demande de partage pour présenter un avis d'opposition. Un avis d'opposition peut être présenté par écrit au Centre des pensions. Si l'avis d'opposition est fondé, la demande de partage des prestations de retraite sera suspendue jusqu'à ce qu'on ait réglé la question d'opposition. »

Il existe trois motifs d’opposition, dont un qui évoque une ordonnance du tribunal ou une convention écrite entre conjoints modifiée ou sans effet.  C’est ce qui se rapproche le plus d’un refus clair et net…

Évitez toute cohabitation !

J’ai récemment répété à mon fils un conseil que je lui avais déjà prodigué à l’époque de l’affaire Lola :

 « Même en colocation, ne partage jamais un logement avec une femme.  Si elle tente ensuite de se faire passer pour ton ex conjointe devant la cour pour te soutirer une pension, ce sera ta parole contre la sienne.  N’oublie pas que tu es un homme vivant au Québec.  Tu es un citoyen de second plan, sur deux plans.  Ce sera ta parole contre la sienne.  Si tu te fais une blonde, un conseil : chacun chez soi ! »

Et ce, en attendant que la reconnaissance des unions de fait en habitations séparées ne représente une nouvelle conquête de notre féminisme militant, avec la précieuse collaboration de nos gouvernements…