jeudi 8 juin 2017

Perverse narcissique ? Un jeune homme aurait été poussé au suicide…

La vie est pleine d’étonnantes coïncidences.  Au moment même où l’acteur Jim Carrey se voit accusé d’avoir poussé au suicide son ex-conjointe par un ex-mari aux motivations plus que suspectes, voilà que les médias nous révèlent une sordide histoire mettant en scène une jeune femme qui aurait vraiment commis ce dont le comédien est accusé.

Plus besoin d'ennemis avec une blonde comme M Carter...
J’entends déjà mes détracteurs : « Évidemment, quand un homme est accusé, il est innocent, quand c’est une femme, elle est coupable ! »  Attendez de voir les faits.  Si, pour le moment, rien de ce qui a été diffusé dans les médias ne permet de conclure à la culpabilité de Jim Carrey, il en va tout autrement pour Michelle Carter, dont les agissements médiatisés, s’ils ont bel et bien été commis, ont de quoi donner froid dans le dos.

Des texto qui parlent d’eux-mêmes…

Michelle Carter, une Américaine de 20 ans, est accusée d’homicide involontaire sur la personne de son petit ami, Conrad Roy III, alors âgé de 18 ans, pour l’avoir encouragé à mettre fin à ses jours il y a trois ans.  Soulignons ici que le jeune homme n’était atteint d’aucune maladie physique mais songeait au suicide depuis plusieurs mois en raison de problèmes familiaux.

Selon la BBC : « Elle (Carter) s’est servie de Conrad comme d’un pion, » a affirmé la procureure adjointe de district, Maryclare Flynn, précisant que l’accusée voulait attirer l’attention sur elle à titre de ‘’ petite amie éplorée ‘’.

« Elle a effacé ses doutes (de Roy) un à un, l’a assuré que sa famille comprendrait ses motifs, a fait des recherches sur les moyens d’en finir et l’a rassuré sur ses chances de succès tout en le poussant à cesser de remettre son projet à plus tard, se moquant de ses hésitations, a affirmé la procureure. »

Les textes par lesquels Carter a persuadé Roy de se supprimer, présentés au bureau du procureur local du comté de Bristol, Massachusetts, ont de quoi glacer le sang :

« Tu as besoin de le faire, Conrad.  Tu es mûr et préparé.  Tout ce que tu as à faire est de tourner la clé et tu seras libre et heureux. »

« Tu vas finalement être heureux au ciel.  Plus de douleur.  C’est okay d’avoir peur et c’est normal.  Après tout, tu es sur le point de mourir. »
Comme le jeune homme exprimait des doutes, elle renchérissait :
« Je pensais que tu voulais le faire.  Le moment est propice et tu es prêt… Tu n’as qu’à le faire, babe…  Plus de procrastination, plus d’attente. »
Ses derniers moments
Michelle Carter et Conrad Roy III
Le jour même de sa mort, Conrad Roy s’est rendu sur la plage de Westport, avec sa mère et ses sœurs.  Il leur a acheté des crèmes glacées, fait des plaisanteries sur les costumes de bain tout en leur parlant d’une bourse d’études qu’il venait de gagner et de ses projets d’avenir. 
C’est pourtant cette même journée du 13 juillet 2014 que le jeune homme a été retrouvé mort, empoisonné dans son véhicule par du monoxyde de carbone, dans le stationnement d’un Kmart de Fairhaven.  Une conversation téléphonique a démontré que Roy hésitait toujours, allant même jusqu’à sortir de l’auto empoisonnée.  Implacable, Carter lui ordonna : «Get the f*** back in the car. »
Une bonne action en entraînant une autre, Michelle Carter a lancé une campagne de financement en soutien à la sensibilisation sur la santé mentale en plus d’organiser un tournoi de balle molle en l’honneur du jeune homme.  « Éplorée », elle devait écrire à sa mère : « Je l’aimais, Lynn.  Je sais que je suis jeune, mais je me voyais passer le reste de ma vie avec lui. »  Sans commentaires…

Perverse narcissique ?

J’ai récemment écrit deux chroniques sur les pervers et perverses narcissiques.  Je ne pensais pas trouver si vite un cas aussi probable.  Les pervers narcissiques sont des vampires relationnels qui se nourrissent de la détresse psychologiques qu’ils entretiennent chez leur victime. 

Tous ne la mènent pas au suicide, mais ça arrive.  Dans le cas présent, la mort du jeune homme a pu représenter pour sa tortionnaire un triomphe, la manifestation d’une toute puissance sur sa victime, au point où le prix de sa victoire s’est apparenté à un sacrifice humain.    

mardi 6 juin 2017

Affaire Jim Carrey : si vous voulez quitter une conjointe dépressive…

…Il faudra y penser à deux fois si Jim Carrey est reconnu coupable d’avoir poussé au suicide son ex, Cathriona White, pour l’avoir quittée.  Le célèbre acteur pourrait même se voir reconnu coupable d’homicide par imprudence… C’est aussi absurde et tragique que ça en a l’air.
  
Jim Carrey, accusé
Selon le Figaro : « L'acteur est soupçonné d'être la cause de cet acte de désespoir. Apparemment dépressive après s'être séparée de Jim Carrey en 2015, la jeune femme a expliqué dans une lettre d'adieu que cette rupture l'avait poussée à mettre fin à ses jours. »

Voilà.  Il n’en fallait pas moins pour qu’une justice prédatrice, manœuvrée par une famille aux motivations suspectes, se serve d’un drame conjugal pour tenter de condamner une riche vedette et surtout d’ouvrir un nouveau marché.  Le sexe de la défunte a sans doute pesé lourd dans la décision de poursuivre, d’autant plus qu’elle concerne une situation impliquant deux ex conjoints, un terrain propice à bien des abus juridiques. 

Gageons par ailleurs que si Brad Pitt s’était suicidé après sa rupture avec Angelina Jolie, les chances de la famille de l’acteur de convaincre un juge d’intenter un procès à l'actrice n’auraient aucune chance d’aboutir.

Les faits

Toujours selon le Figaro : « Cathriona White s'était donné la mort le 28 septembre 2015 en absorbant de l'Ambien (un somnifère), du Percocet (un antidouleur) et du Propranolol pour lutter contre les crises de panique. Les médicaments auraient été achetés par Jim Carrey sous un faux nom. Une pratique tout à fait courante aux États-Unis pour conserver l'anonymat des vedettes, mais un motif suffisant pour la famille de douter de sa probité. »

En clair, tous les moyens et tous les prétextes sont bons pour profiter de la mort tragique de la jeune femme.  Malgré la taille des ficelles d’une poursuite qualifiée à juste titre de malveillante par l’avocat de Carrey, et la demande de celui-ci d’abandonner les charges contre l’acteur, le juge de la Cour supérieure de Los Angeles est resté inflexible.  Le procès, qui devrait durer une vingtaine de jours, débutera le 26 avril 2018.

« What’s love got to do with it ? »

Si la justice de Los Angeles fait piètre figure dans cette histoire qui n’aurait jamais dû commencer, la mère de la défunte et, surtout, l’ex-mari de celle-ci, ne se mériteront certainement pas un appui populaire massif. 

Selon le Figaro : «Ces accusations sont portées par Mark Burton, l'ex-mari de Cathriona White. Jim Carrey y a répondu en révélant que cette relation n'était qu'un mariage blanc pour que sa compagne puisse obtenir des papiers. Il a aussi été révélé que Burton fait partie de la secte de l'église scientiologique américaine. »  Si l’acteur dit vrai, les motivations de Burton d’intenter poursuite sont aussi douteuses que celles pour lesquelles il a contracté un mariage blanc.  Comme le chante Tina Turner : « What’s love got to do with it ? »

Burton accuse Carrey d’avoir été au courant des idées suicidaires de White et d’avoir utilisé un système de caméras pour l’espionner.  Et si ce dispositif, s’il a jamais existé, avait été installé précisément pour prévenir une tentative de suicide ?  Et depuis quand le fait d’être au courant d’idées suicidaires devient une garantie et une obligation absolues d’empêcher le passage à l’acte ? 

Cathriona Withe et son « dévoué » ex-mari, Mark Burton...
Peut-on par ailleurs supposer un seul instant qu’une femme équilibrée et saine d’esprit ait pu se voir transformée en épave suicidaire au contact d’un amoureux, célèbre ou non ?  Carrey a affirmé que les problèmes de son ex «remontaient bien avant notre rencontre, et malheureusement, personne n'a été en mesure d'avoir le contrôle sur sa fin tragique. J'espère vraiment qu'un jour prochain, les gens arrêteront d'essayer de tirer profit de ça et la laisseront reposer en paix».

Une sale histoire que tout ça, impliquant une parodie de justice initiée par un homme aux motivations plus que douteuses.  Carrey n’avait pas assez de vivre un deuil qui pouvait le culpabiliser et l'accabler, il fallait encore que le système judiciaire américain en rajoute. 

Sans banaliser les souffrances de l'acteur, le plus grave dans cette affaire reste les conséquences qu’une jurisprudence le condamnant pourrait avoir sur la possibilité de poursuivre un veuf après le suicide de sa conjointe, même dans le cadre de notre système judiciaire.  La justice invoquera la nécessité de châtier les coupables, un prétexte qui ne servira qu’à justifier l’ouverture d’un nouveau marché sur le dos de la misère humaine…

lundi 5 juin 2017

Une journaliste soi-disant victime de « propos dégradants »...

Dans une manchette parue le 2 juin dernier avec pour surtitre « Propos dégradants concernant une journaliste », on aurait pu s’attendre à des commentaires injurieux, méprisants, sexistes ou grossiers.  La journaliste en question, Monic Néron, « ciblée par des propos dégradants émis par un enquêteur de la police de Laval », nous dit TVA, semblait toujours sous le choc desdits propos.

Monic Néron, vraiment victime ?
Voici maintenant les faits, tels que rapportés par le même média : « Dans un affidavit, un enquêteur a avancé qu’un policier lui aurait coulé de l’information parce qu’il voulait coucher avec elle. Dans un communiqué émis hier, la police a indiqué «déplorer» ces propos, mais ne présente pas d’excuses à proprement parler. »  Franchement, je ne vois pas pourquoi elle devrait.
«(…) Non seulement on a dit ça, mais on l’a écrit dans un affidavit, et ça s’est rendu jusqu’à un juge, qui a signé ça. Qui plus est, une fois qu’on a eut écarté cette option, on l’a laissé dans des affidavits subséquents, déplore la journaliste. »
Et après ?
J’ai beau chercher dans cet article ce qui a bien pu à ce point insulter Mme Néron, je ne trouve pas.  Un enquêteur aurait voulu coucher avec elle, bon, ça arrive, la nature étant ce qu’elle est.  Qu'il aurait souhaité échanger de l’information privilégiée contre des faveurs sexuelles, c’est nettement plus grave au plan de la déontologie et de l’éthique policières, à condition, bien sûr, que ces faits se sont produits.  Si donc une telle affirmation met quelqu’un dans l’eau bouillante, c’est l’enquêteur et non la journaliste.
Tout ce qu’on sait, c’est que le policier aurait voulu « coucher avec elle » et non qu’il était parvenu à ses fins.  Il me semble que si tel avait été le cas, l’affidavit aurait été explicite sur une question aussi incriminante.  Le fait que de l’info ait été « coulée » n’indique en rien que des rapports sexuels auraient été consentis s'ils avaient été sollicités.
Parce qu’elle est une femme…
Cette « nouvelle » n’aurait pas été complète sans une prise de position engagée dénonçant le « machisme » policier : « Elle (Mme Néron) souligne aussi que c’est inquiétant de voir comment on considère les femmes dans certaines strates du département des enquêtes à Laval. »
Le média renchérit : « (…) Mais comme elle est une femme, on a suggéré que c’était possiblement parce «qu’elle couche avec lui». Une situation «insultante» et «injuste», parce qu’on n’aurait jamais dit ça de ses collègues masculins.  La majorité des policiers étant, comme les hétérosexuels, majoritaires, on peut comprendre…
La police de Laval a-t-elle vraiment été sexiste ?
La journaliste ajoute : «Si les policiers me font confiance, ou si je suis capable de sortir un scoop une fois de temps en temps, c’est nécessairement parce qu’il y a autre chose qui se cache derrière ça, ironise-t-elle. Ça ne peut pas être parce que je fais bien mon travail, parce que je me promène du matin jusqu’au soir dans les palais de justice. C’est sûr que non...»
Personnellement, je ne serais pas surpris que certains policiers, entre eux, se livrent à ce genre de commérage, mais en ce qui concerne les documents officiels, la probité de Mme Néron n’est nullement en cause.  Je le répète : si quelqu’un pâtit de cet affidavit, c’est le policier qui aurait éventuellement voulu coucher avec la journaliste.
Le respect des faits
Prenons pour hypothèse que l’auteur de l’affidavit incriminant ait de bonne foi constaté qu’un policier ait coulé des renseignements privilégiés en espérant obtenir des faveurs sexuelles, aurait-il dû taire une information aussi importante pour épargner la susceptibilité de Mme Néron ?  Après tout, il était question de souligner un manquement grave à l’éthique du policier.  L’auteur aura commis une seule erreur : ne pas insister sur le fait qu’aucune faveur sexuelle n’aurait été accordée.   Mais pouvait-il être aussi catégorique ?
Dernière observation : l’affidavit incriminant relevait de la gestion interne du corps policier.  En médiatisant une telle tempête dans un verre d’eau, Mme Néron ne risque-t-elle pas d’étendre au grand public une information qui aurait dû rester confidentielle, avec tous les commérages qu’elle pourra susciter ?  Il peut y avoir un prix à payer à tant vouloir attirer sur soi l’attention en jouant la carte de la dignité outragée…

vendredi 2 juin 2017

Accord de libre-échange Canada-UE : conclu grâce aux larmes d’une ministre ?

De passage à Montréal, Paul Magnette, ministre président de Wallonie, a menacé de bloquer à nouveau l’accord de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne si certaines exigences qui avaient fait consensus lors de sa signature en octobre dernier n’étaient pas respectées.

Paul Magnette, trouble-fête...
Voilà qui pourrait bien déclencher une nouvelle crise de larmes chez l’actuelle ministre fédérale des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, qui avait candidement avoué au Globe and Mail en février dernier avoir préféré pleurer devant les médias plutôt que de claquer la porte, en octobre 2016, afin de culpabiliser les Wallons qui bloquaient l’accord de libre échange alors qu'elle était ministre du Commerce. 

Le journal Le Soir relate ainsi l’événement : «L’émotion affichée par la ministre canadienne du Commerce – aujourd’hui ministre des Affaires étrangères – Chrystia Freeland à la sortie d’une réunion avec le gouvernement wallon en octobre 2016 était une technique de négociations pour mettre la pression sur les Européens et obtenir rapidement un accord dans le dossier du partenariat de libre-échange entre l’UE et le Canada (Ceta). C’est ce que rapporte le journal canadien Globe and Mail. »
Wikipédia résume également cet incident : « En octobre 2016, elle décide de quitter la réunion et, au bord des larmes devant les caméras, déclare l'échec des négociations. Elle révélera quelques mois plus tard que c'était un calcul afin de culpabiliser les Wallons2. »
La manipulation avouée a alors porté fruit, comme le souligne Le Soir : « Moins d’une semaine après, un accord global sur le Ceta était annoncé et le traité pouvait être signé – trois jours plus tard que prévu – par le Premier ministre canadien Justin Trudeau à Bruxelles. »
Et la ministre de pavoiser : «  J’ai eu tous les Européens qui m’appelaient pendant les 24 heures suivantes disant : ’s’il vous plaît ne rentrez pas chez vous. Nous sommes désolés. Vous avez tellement raison. Nous allons y arriver’. Et à la fin, c’est ce qu’ils ont fait. »
Les nouvelles valeurs féminines en politique ?
Un tel événement a de quoi jeter par terre !   Imaginez Jean-Chrétien, au cours des interminables différends commerciaux l'opposant à l’administration Bush sur le bois d’œuvre canadien, sortant d’une rencontre avec son homologue américain et déclarant, pleurant à chaude larme : « C’est fini, j’ai trop de peine, nous n’arriverons à aucun résultat.  Je quitte Washington, na ! »
Telle un bébé gâté auquel on refuse un jouet, Mme Freeland s’est livrée à  une crise infantile pour que tous les tontons européens de sa grande famille politique se réunissent autour d’elle afin de la réconforter et de la câliner en lui disant : « Mais non, ma chérie, on va te les donner, tes bonbons, cesse de pleurer, petite choupette.  Tu es tellement plus jolie quand tu nous fais de belles risettes, ma poupoune… »
Cet épisode consternant en dit long sur le pouvoir de culpabilisation de la gent féminine en politique.  Impossible d'imaginer un homme d'État, si puissant soit-il, opérer un tel revirement de situation rien qu'en pleurant.  Au Québec, même avec une menteuse finie comme Alice Paquet, le Regroupement québécois des calacs est allé soutirer la part du lion d’une subvention de 26 M $ non prévue au budget du Secrétariat à la condition féminine.  Imaginez...
Dites-le avec des larmes…
Chrystia Freeland, manipulatrice
Me semblait que les valeurs féminines en politique étaient marquées au coin de la tendresse, de la complicité, de l’empathie, de l’ouverture sur l’autre, de la recherche d’harmonie et du respect de ses interlocuteurs.
Mme Freeland a plutôt trahi des comportements hypocrites, opportunistes, manipulateurs et culpabilisants dont elle a eu en plus le culot de se vanter.  Elle a sciemment dupé ses interlocuteurs avec une absence totale d’éthique et de scrupules dignes d'une perverse narcissique et non d’une ministre en mission sur la scène politique internationale.
Et rebelote !
Bien des larmes ont coulé sous les ponts, cependant.  À propos du traité de libre-échange, Paul Magnette a rouvert le jeu, sur les ondes de RDI :
« On pourrait ne pas le ratifier (l'accord). Nous avons indiqué clairement que tant que nous n’avons pas l’avis de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) - ça mettra un an et demi, peut-être deux ans - nous n’allons pas le ratifier. Et, quand nous aurons l’avis, nous verrons à la lumière de cet avis, si la Cour nous a donné raison ou pas. »
Mme Freeland, où êtes-vous ?  Vite, dégainez votre mouchoir !  Eh non, dommage, vous n’êtes plus ministre du Commerce…

jeudi 1 juin 2017

La violence sexuelle féminine, six fois plus répandue qu’on le croit…

Franca Cortoni ne se fera pas des amies parmi les groupes féministes.  La chercheuse et psychologue spécialisée en agressions sexuelles de l'école de criminologie de l’université de Montréal vient de lancer une véritable attaque frontale contre l’angélisme doctrinaire qui présente inlassablement les femmes comme des êtres inoffensifs à jamais voués au statut d’éternelles victimes des turpitudes sexuelles masculines. 

Franca Cortoni, « hérétique »
Imaginez, l’hérétique vient de publier une recherche qui établit que la violence sexuelle des femmes est six fois plus répandue que ce qu’on imagine.  

À notre époque où les perroquets journalistiques nous radotent que la violence conjugale reste un phénomène majoritairement masculin malgré quatre enquêtes sociales générales de Statistique Canada qui en démontrent la parité, l’étude de Mme Cortoni représente une fissure additionnelle dans le granit d’un stéréotype persistant.

Sûr, mesdames, que la violence conjugale masculine est plus lourde que sa contrepartie féminine, mais elle n’est pas plus répandue pour autant.  Vous pouvez maintenant retourner à vos lazy-girls…

Au cas où vous voudriez vous en prendre à la méthodologie de l’enquête, sachez que les travaux de Mme Cortoni résultent de deux ans de recherches parmi les chiffres officiels des corps policiers et des systèmes judiciaires de 12 pays dont le Canada, les États-Unis, la France, la Norvège et l’Australie. S’ajoute à ces démarches une compilation des données sur la victimisation du genre des ESG de Statistique Canada qui vous arrachent si souvent le sourire…

Des chiffres et des témoignages…

Citée par Le Devoir, la chercheuse affirme : « Dans les données officielles, on constate qu’environ 2 % des crimes sexuels rapportés à la police sont commis par des femmes. Mais quand on demande aux victimes le sexe de leur agresseur, on est à 12 % .»

Elle précise : « On a également fait des calculs basés sur le sexe de la victime. Ainsi, 40 % des victimes masculines disaient que leur agresseur était une femme, alors que 4 % des victimes féminines disaient avoir été agressées par une femme. »

Mme Cortoni dément cependant  l’hypothèse de l’émergence soudaine d’une nouvelle criminalité féminine : « Mon interprétation, c’est que les gens commencent à se donner la permission d’en parler, ce qu’ils ne faisaient pas avant. Nous savons parfaitement bien que ça existe et que des victimes de femmes sont négligées. »

La chercheuse déboulonne également le mythe de la femme contrainte par son conjoint ou souffrant d’importants problèmes de santé mentale. Ces stéréotypes ont pour conséquence que l'agresseuse n’est pas tenue responsable de ses actes et dirigée vers le système de santé plutôt que vers le système judiciaire.

L'universitaire précise : « On sait aujourd’hui qu’une grande proportion d’entre elles choisissent de s’engager de leur plein gré et que certaines pouvaient même entreprendre les agressions. Mais on est vraiment au début des recherches. Il y a des choses qui commencent à se dessiner, mais on est loin d’avoir la compréhension qu’on a pour les hommes, sur lesquels on fait des recherches depuis des décennies.

Roxane Auger-Lapointe : 15 présumées victimes...
Dans cette foulée, Mme Cortoni dénonce le deux poids, deux mesures, dans les perceptions selon le sexe de l’agresseur et celui de la victime : « Il y a un changement qui se fait graduellement dans la société. Si on prend l’exemple d’un enseignant de 35 ans qui s’engage dans des contacts sexuels avec une fille de 14 ans, personne n’hésite à dire que ce n’est pas correct. Mais quand on tourne ça à l’inverse, une femme avec un garçon, on dit “Mais oui, mais les garçons aiment ça”. »

Les politiques pénales doivent être réévaluées à la lumière de ces découvertes, soutient Mme Cortoni, dont cette déclaration conclue fort à propos l’article du Devoir : « Il faut qu’il y ait une reconnaissance du fait qu’il y a des femmes qui commettent des agressions sexuelles, que ça existe et que ça a toujours existé. Présentement, il y a des victimes qui ne sont pas reconnues et, franchement, comme société, on leur doit au moins ça. »

Mieux vaudrait tard que jamais.  Notez le conditionnel...